Vendredi dernier, vers 20h30, deux caravanes ont été détruites par les flammes au Domaine de Claire-Fontaine, à Godarville. Aucun blessé n’est heureusement à déplorer.
Une enquête est en cours afin de déterminer les circonstances précises du sinistre. Mais au-delà des dégâts matériels, cet incendie interpelle. Le Domaine de Claire-Fontaine n’est en effet plus ouvert au grand public depuis plusieurs semaines, après l’arrêt de la gestion assurée par l’ASBL Les Voies d’eau du Hainaut.
Le site, propriété de la Région wallonne via Tourisme Wallonie, attend toujours de connaître son futur gestionnaire. Une situation qui provoque la colère du patron de BooKamper. L’entreprise s’est officiellement manifestée comme candidate à la reprise du camping en mai 2025 et affirme depuis travailler sur un projet de réouverture et de sécurisation du domaine. Un communiqué offensif Dans un communiqué particulièrement offensif, son patron estime que l’incendie doit pousser les autorités à sortir de leur attentisme.
“Claire-Fontaine n’avait pas besoin de discours. Claire-Fontaine avait besoin d’un gestionnaire”, lance-t-il. Pour BooKamper, le problème ne date pas de vendredi soir. Depuis plus d’un an, la société affirme avoir présenté une solution concrète pour reprendre le camping, le sécuriser et relancer son activité touristique.
Mais les mois ont passé et la saison touristique 2026 a finalement été sacrifiée. Une situation que le cabinet de la ministre wallonne du Tourisme, Valérie Lescrenier, avait lui-même reconnue en indiquant que cette saison était compromise. “Quand l’administration laisse un site sans véritable solution, ce sont les campeurs, les biens privés et le territoire qui paient la facture”, dénonce BooKamper.
Pas une valise oubliée dans une gare L’entreprise demande notamment que soient examinées les conditions dans lesquelles le domaine a été surveillé et sécurisé depuis l’arrêt de sa gestion. Elle vise notamment la gouvernance des Voies d’eau du Hainaut, qui assurait auparavant la gestion du site.
“Un site touristique ne peut pas être abandonné entre deux administrations comme une valise oubliée dans une gare”, fustige encore le candidat-repreneur. Mariemont : Cette soupière tournaisienne du XVIIIe siècle reconnue comme un trésor par la Fédération Wallonie-Bruxelles BooKamper prend d’autant plus mal l’incendie qu’une des caravanes endommagées appartenait, selon l’entreprise, à l’une de ses actionnaires. La société annonce dès lors son intention de déposer plainte et de se constituer partie civile.
Elle précise toutefois ne pas vouloir préjuger des conclusions de l’enquête. La lenteur de la procédure Le dossier est désormais entre les mains de la Région wallonne et de la ministre du Tourisme Valérie Lescrenier. Ces derniers mois, son cabinet avait expliqué que des analyses juridiques, financières et opérationnelles avaient été réalisées afin de permettre une reprise du site. Mais aucun calendrier précis pour la désignation d’un repreneur n’avait encore été avancé. C’est précisément ce délai qui irrite BooKamper.
L’entreprise affirme qu’elle aurait été en mesure de préparer une reprise pour la saison 2026 si les décisions avaient été prises suffisamment rapidement. Elle assure disposer d’un projet comprenant notamment une exploitation professionnelle, la sécurisation du domaine, la surveillance des infrastructures et la relance de l’activité touristique. Mais le candidat-repreneur redoute également que les règles de la procédure soient modifiées en cours de route. Il rappelle que les principes d’égalité de traitement et de transparence doivent s’appliquer à tous les opérateurs. “On ne change pas les règles après avoir vu les cartes des joueurs”, résume-t-il. BooKamper demande donc que toute modification substantielle du cadre de la procédure fasse l’objet d’un examen juridique et que tous les candidats soient traités sur un pied d’égalité.
Quatre demandes Face à cette situation, l’entreprise formule quatre demandes : la poursuite de la procédure de reprise, le respect des règles de mise en concurrence, une enquête complète sur les circonstances de l’incendie et un examen des responsabilités politiques dans la gestion du dossier. BooKamper interpelle directement les Voies d’eau du Hainaut, Tourisme Wallonie, le cabinet de Valérie Lescrenier, mais aussi le Gouvernement wallon et son ministre-président Adrien Dolimont.
“Nous ne demandons pas de procès médiatique. Nous demandons des réponses”, insiste le patron de BooKamper. Après une saison 2026 largement perdue et cet incendie qui vient encore fragiliser le domaine, la pression monte donc autour de Claire-Fontaine.