23 ballons perdus : le plan « 100 % légal » que les All Blacks avaient ”caché” aux Springboks

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23 ballons perdus Les Springboks avaient longtemps installé le match qu’ils voulaient à Ellis Park. Une mêlée dominante, 61 % de territoire et une avance de 16-12 au début de la seconde période. Pourtant, les All Blacks sont repartis avec un succès 33-16, cinq essais à un, mettant fin à la série de 12 victoires sud-africaines. Le chiffre le plus douloureux reste celui des 23 ballons perdus, contre 13 pour la Nouvelle-Zélande. VIDEO. Les All Blacks frappent fort à l’Ellis Park et prennent déjà les Springboks à la gorge

Rassie Erasmus a surtout insisté sur une adaptation qu’il n’avait pas identifiée dans les vidéos préparatoires : les défenseurs néo-zélandais ont davantage cherché à arracher le ballon dans le contact.

« Une tactique très intelligente, encore une fois 100 % légale », a reconnu Erasmus en conférence de presse via RugbyPass. Malgré 14 pénalités obtenues contre 10, l’Afrique du Sud n’a jamais transformé cette domination en maîtrise du score. Rester haut pour attaquer le ballon Erasmus expliquait avoir préparé ses porteurs à deux comportements habituels des All Blacks : le plaquage bas ou une défense cherchant à repousser le porteur. À Johannesburg, les Néo-Zélandais sont régulièrement restés plus hauts pour attaquer directement le ballon. Le duel ne se joue alors plus seulement sur le gain de ligne. Le porteur doit aussi empêcher le défenseur d’atteindre le ballon ou de perturber sa présentation avant le ruck.

L’action de Jordie Barrett sur Malcolm Marx résume l’idée. Alors que les Boks étaient menaçants près de la ligne, le centre néo-zélandais a arraché le ballon au talonneur et stoppé une occasion majeure. Le numéro 9 Grant Williams a lui aussi subi une forte pression autour des rucks. Erasmus a parlé de harcèlement du demi de mêlée « dans les règles ». Les All Blacks ont ainsi ciblé deux zones vitales : la sécurité du porteur et la qualité de la sortie de balle. 0,9 point par entrée dans les 22 Dave Rennie a sorti après le match une statistique encore plus parlante. Selon le sélectionneur néo-zélandais, les Springboks produisent habituellement 5,5 points par entrée dans les 22 mètres adverses.

Samedi, ils sont tombés à 0,9. La Nouvelle-Zélande a tourné à 3,7. On peut dominer la mêlée et camper dans le camp adverse ; si chaque visite près de la ligne finit par un ballon rendu. Le tableau d’affichage raconte vite autre chose.

Et c’est aussi ce qui rend le succès néo-zélandais intéressant. Les All Blacks n’ont pas neutralisé la puissance sud-africaine partout.

Ils ont souffert en mêlée avant l’entrée du banc. Mais ils ont résisté dans les zones décisives, puis puni les erreurs avec Fabian Holland, Luke Jacobson et un Will Jordan encore auteur d’un doublé. Le genre de soirée où l’on peut perdre plusieurs batailles et quand même gagner la guerre. Ardie Savea en NRL après le Mondial 2027 ? Pourquoi le projet des PNG Chiefs arrive au moment idéal pour le capitaine des All Blacks

Cape Town devient déjà le laboratoire Le deuxième Test, samedi prochain au Cap, aura forcément cette bataille du ballon comme fil rouge.

Les Boks savent désormais ce qui les attend : soutien plus proche du porteur, ballon mieux protégé dans le contact et sorties plus propres autour de Grant Williams seront des réponses logiques. Les All Blacks ont perdu l’effet de surprise mais gagné une certitude.

Face aux doubles champions du monde, leur défense peut aussi créer de l’attaque.

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