Une semaine de course, et déjà l’impression que la Vuelta a España tient son moment charnière. Ce vendredi, le peloton s’élance de Vall d’Alba pour rallier Aramón Valdelinares, à l’issue d’une septième étape qui sent bon le mois d’août espagnol — et qui pourrait faire très mal aux organismes. Un profil taillé pour faire parler la course
Départ à 13h40, arrivée estimée un peu avant 17h20 : sur le papier, 149,8 kilomètres à peine. Dans les jambes, une tout autre histoire. Cinq ascensions répertoriées, près de 3 685 mètres de dénivelé positif, et une arrivée au sommet perchée à 1 963 mètres d’altitude.
De quoi transformer une journée en apparence anodine en véritable juge de paix. Fernando Escartín, consultant reconnu du cyclisme espagnol, l’a rappelé sans détour : c’est bien cette ascension finale qui pourrait créer l’écart entre les favoris.
Tadej Pogačar, solidement installé en tête du classement général, y est attendu au tournant. Face à lui, deux noms reviennent sans cesse dans les discussions de bus : Enric Mas, chez lui sur ces routes, et Primož Roglič, jamais avare d’un coup de force sur ce genre de final. Les outsiders ne comptent pas rester spectateurs
Le scénario n’est pourtant pas écrit d’avance — ça sent bon l’échappée, justement. Plusieurs noms se murmurent du côté des groupes matinaux, à l’image de Marcel Camprubí, étincelant ces dernières semaines.
Déjà sur le podium à la Klasikoa San Sebastián, quatrième le lendemain au Circuit de Getxo, le grimpeur de Pinarello Q36.5 confirme une forme éblouissante en 2026. Il avait notamment terminé quatorzième du groupe des favoris la veille, lors de la terrible ascension du El Bartolo. Lever les bras sur ses terres, en tant que champion d’Espagne : voilà un scénario qui ferait sûrement forte impression. Pogačar, une position à défendre plutôt qu’à conquérir
Ce qui frappe, en réalité, c’est la physionomie de ce Tour d’Espagne. Après six étapes, le Slovène n’a pas seulement conservé le maillot rouge : il l’a consolidé, étape après étape, sans jamais donner l’impression de trembler. Une position de force qui change forcément l’approche tactique de la journée.
Pour Mas et Roglič, l’obligation n’est plus de suivre, mais d’attaquer — sous peine de voir filer un général déjà bien avancé. Reste que la montagne, à la Vuelta, a l’habitude de distribuer des surprises.
Une défaillance, une attaque mal anticipée, et tout peut basculer en quelques hectomètres. Le dossier est loin d’être bouclé : cette septième étape pourrait tout aussi bien confirmer la razzia de Pogačar que rebattre entièrement les cartes du classement général. Réponse attendue en fin d’après-midi, sur les pentes d’Aramón Valdelinares — et sans doute un premier vrai indice sur la physionomie des trois semaines à venir.