Il y a des soirées d’athlétisme qu’on oublie aussitôt le stade vidé. Et puis il y a celle de jeudi, à Zurich. Coup de théâtre au Letzigrund : deux records du monde effacés en l’espace de quelques épreuves, lors de la dernière étape de la saison régulière de Diamond League. Une razzia rarissime, même pour un meeting réputé pour ses performances de très haut niveau. Dos Santos entre dans l’histoire du 400 m haies
Le premier a claqué comme un coup de tonnerre. Alison dos Santos, déjà considéré comme l’un des meilleurs hurdleurs de sa génération, a signé un chrono à peine croyable : 45 »80 sur 400 m haies. De quoi rebattre entièrement les cartes d’une discipline qui vivait, jusque-là, au rythme de sa rivalité avec le Norvégien Karsten Warholm.
Ce dernier était d’ailleurs présent sur la piste — spectateur malgré lui d’un nouveau chapitre écrit sous ses yeux dans ce duel qui alimente le 400 m haies mondial depuis plusieurs saisons. Un record qui ne doit rien au hasard : le Brésilien traverse une fin de saison étincelante, et cette marque confirme une trajectoire ascendante depuis plusieurs mois. La discipline tient là son nouveau repère absolu.
Masai Russell frappe fort à son tour
La soirée ne s’est pas arrêtée là. Quelques épreuves plus tard, c’est au tour de l’Américaine Masai Russell d’électriser le public suisse. Sur 100 m haies, elle a couru en 12 »09 — un temps qui pulvérise l’ancien record du monde et qui s’accompagne, dans la foulée, d’un nouveau record du meeting et de la Diamond League. Une prestation quasi injouable pour ses adversaires du jour, à l’image de la concurrence internationale qui domine pourtant cette discipline depuis des années. Werro, Alfred, Cockrell : la razzia continue
Comme si deux records mondiaux ne suffisaient pas, la soirée a multiplié les performances de très haut niveau.
Devant son public, la Suissesse Audrey Werro a remporté le 800 m en 1’53 »70 — record de Suisse, record du meeting et record de la Diamond League réunis en une seule course. Julien Alfred et Anna Cockrell ont, elles aussi, inscrit leur nom aux records nationaux et au meeting sur leurs distances respectives. Même les concours ont eu droit à leur moment fort : Rumesh Tharanga Pathirage a envoyé le javelot à 92,07 m, laissant Anderson Peters, pourtant auteur d’un solide 86,93 m, à bonne distance. Un symbole avant les finales de Brussels
Ce Weltklasse Zürich clôturait la saison régulière du circuit, avant les grandes finales prévues la semaine prochaine à Bruxelles. Difficile d’imaginer meilleure mise en bouche : deux records du monde, plusieurs records nationaux, une intensité rarement vue à ce stade de la saison. Le message est clair — l’athlétisme mondial n’a visiblement pas fini de nous surprendre cette année, et la razzia suisse pourrait bien donner le ton pour la suite.