Meuse verte à Liège : voici pourquoi le fleuve a changé de couleur ces derniers jours

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Les promeneurs n’ont pas été les seuls à lever les yeux vers la Meuse cette semaine. Sur plusieurs tronçons, le fleuve a pris une étonnante teinte verte, offrant un spectacle aussi surprenant qu’inhabituel le long des quais liégeois. Simple effet de lumière ? Pas du tout. Des prélèvements ont été réalisés et analysés par le laboratoire de la professeure Annick Wilmotte, spécialiste des cyanobactéries à l’ULiège.

Verdict : cette coloration est bien liée à une importante prolifération de cyanobactéries, un phénomène que les scientifiques appellent un “bloom”. “Cette couleur particulière est due à la présence d’un bloom de cyanobactéries”, confirme la chercheuse.

Les analyses ont mis en évidence la présence des genres Microcystis et Planktothrix, deux cyanobactéries susceptibles de produire des toxines. L’origine de cette prolifération se situerait vraisemblablement dans des affluents où le courant est plus faible, même si des investigations complémentaires seront nécessaires pour en avoir la certitude.

Les fortes chaleurs pointées du doigt Pour les scientifiques, cette apparition n’a rien d’anodin. “La présence de cyanobactéries planctoniques en rivière reste un phénomène rare. Dans les années 90, il n’y avait pas de Microcystis en Meuse belge”, rappelle Jean-Pierre Descy, professeur à l’UNamur et collaborateur scientifique à l’ULiège. La quantité exacte de cyanobactéries présente dans le fleuve n’a pas encore été déterminée. Les chercheurs ont néanmoins relevé un taux de chlorophylle de 20 µg/L, un niveau considéré comme révélateur d’un bloom. Au-delà de la couleur verte visible à l’œil nu, cette prolifération est aussi le signe d’un déséquilibre de l’écosystème aquatique. Des microcystis ont été détectés dans la Meuse.

©ULiège – Annick Wilmotte Des Microcystis (zoom 10x) ont été détectés. ©(c. ULiège – Annick Wilmotte) Les fortes chaleurs enregistrées ces derniers jours sont la principale explication avancée.

Les scientifiques évoquent également l’influence du réchauffement climatique, qui favorise ce type de phénomène. La présence de cyanobactéries a d’ailleurs aussi été suspectée dans la Meuse, du côté de Visé. Faut-il pour autant s’inquiéter ? Les chercheurs invitent surtout à la prudence. Les cyanobactéries peuvent produire des substances toxiques, mais le risque pour l’homme reste faible puisque l’eau de la Meuse n’est pas destinée à la consommation. En revanche, les chiens peuvent être gravement intoxiqués s’ils boivent dans une zone où ces cyanobactéries sont fortement concentrées. Cette prolifération peut également avoir des conséquences sur les écosystèmes aquatiques, ainsi que sur l’irrigation et l’abreuvement du bétail.

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