Quelle fin de match entre les U20 All Blacks et les Bleuets ! Les joueurs de Cédric Laborde se sont arrachés pour obtenir la victoire dans les cinq dernières minutes. Évidemment, cette relance de 80 mètres initiée par Melvyn Rates, accompagné par Hugo Avogadro et conclue par Adrien Drault, symbolise l’état d’esprit de cette équipe, qui n’a jamais cessé d’y croire et a su saisir les opportunités au moment décisif. Pour autant, en première période, ce sont les avants tricolores qui maintiennent les Bleuets dans la partie. Bien aidés dans le second acte par les remplaçants, les jeunes Français ont livré, dans l’immense majorité, une prestation très sérieuse, même si certains se sont particulièrement distingués. “Il y a quelque temps, on n’y serait pas arrivés” : la défense des Bleuets rassurante avant la finale du Mondial ?
Adrien Drault : 7/10 C’était un gros défi pour lui que d’entrer dans ce Mondial par la petite porte et de se frayer une place dans le XV de départ de Cédric Laborde. Mais les copies qu’il a rendues avec l’UBB cette saison (6 apparitions en professionnel) parlaient pour lui. Personne n’a vraiment douté de son apport, aussi bien en attaque qu’en défense. Ce dernier n’a pas démérité lors des nombreuses séquences défensives. Il avait face à lui un sacré golgoth en la personne de Siale Pahulu (1,86 m, 103 kg), mais n’a pas bronché, bien aidé par son compère Bastien Rasal, lui aussi au four et au moulin durant 80 minutes. Forcément, il s’est distingué en aplatissant l’essai de la gagne au terme d’une course de plus de 80 mètres. Au soutien de ses ailiers à la 75e minute de la partie, il témoigne d’un état d’esprit remarquable et d’une condition physique irréprochable, de quoi ravir un certain Bertrand Mathieu…
”Plus de joueurs impressionnés”, 10 ans d’un travail d’orfèvre qui porte aujourd’hui ses fruits chez les grands
Romeo Martin-Bonnard et Baptiste Veschambre : 8/10 Impossible de dissocier la deuxième ligne de cette équipe de France U20 tant sa complémentarité a fait mal aux équipes adverses durant cette compétition. La rencontre face aux Baby Blacks n’a pas fait exception. Durant cette campagne géorgienne, les deux hommes ont abattu un travail conséquent, dans l’ombre des fulgurances de leur troisième ligne. Roméo Martin Bonnard, c’est 40 plaquages réussis, 106 mètres parcourus balle en main, 9 défenseurs battus, 2 turnovers remportés et un essai. À ce jeu, le numéro 4 des Bleuets paraît moins impressionnant que le Toulousain. Baptiste Veschambre (2,03 m) est l’atout le plus précieux dans l’alignement tricolore. Il n’a pour autant pas été le dernier lorsqu’il s’agissait de distribuer les caramels aux adversaires des Bleuets.
Sur la compétition, il compte 32 plaquages, dont 2 dominants, ainsi que 4 turnovers remportés, ce qui fait de lui le meilleur Français dans ce domaine. Hier, il gratte deux ballons ultra précieux pour les siens, en confiant d’ailleurs en conférence de presse que ce n’était pas la tâche qu’il affectionnait le plus. Force est de constater qu’il a tout de même su répondre avec brio à l’énorme pression imposée par la Nouvelle-Zélande dans ce secteur. Lucas Andjisseramatchi : 7/10 Quelle débauche d’énergie ! Le capitaine du XV de France U20 s’est à nouveau distingué par son abattage défensif, en étant parfaitement efficace aussi bien pour guider les siens que pour se sacrifier lui-même.
Le Rochelais semble encore prendre de l’envergure et confirme tous les espoirs placés en lui au coup d’envoi de ce Mondial U20. Cette saison avec les Maritimes, il a disputé 14 matchs, et on comprend mieux la confiance que lui accorde Ronan O’Gara. Durant ce Mondial, il a battu 11 défenseurs, parcouru 136 mètres balle en main et réussi 28 plaquages, avec un ratio proche des 90 % de réussite. Hier encore, il était l’un des seuls à tenir tête aux All Blacks dans les rucks en première période, face à des Néo-Zélandais très agressifs dans ce secteur, avant d’être finalement sanctionnés. — France Rugby (@FranceRugby) July 13, 2026
Le coaching : 10/10 Voilà ce qui a sans doute permis aux Bleuets de remporter ce précieux succès : l’entrée des finisseurs a permis de maintenir une grosse pression sur ces Néo-Zélandais, qui ont terminé la partie complètement à bout de souffle. La première ligne tricolore n’a pas baissé en qualité avec les nouveaux entrants, bien au contraire. Elle a même souvent mis les Baby Blacks en difficulté dans ce secteur.
L’entrée tardive d’Avogadro a également apporté de la fraîcheur en toute fin de match. La preuve : il se montre décisif sur l’essai de la gagne. Enfin, Diego Jurd maintient les espoirs tricolores grâce à une pénalité, mais il a surtout su débloquer certaines situations grâce à son jeu au pied, dans une rencontre où Tana Keletaona n’a pas toujours fait les meilleurs choix.
Bref, Cédric Laborde et son staff ont parfaitement géré leurs remplacements, un facteur déterminant dans la qualification des Bleuets pour la finale du Mondial. Par ailleurs, les choix effectués au moment de composer l’équipe se sont également révélés payants.


