Lorsque les corps sont retrouvés dans un état de dégradation avancée, il est souvent difficile pour les familles de reconnaître physiquement leur proche. “Au moment où la personne décède, il n’y a plus d’oxygène dans le corps et donc il n’y a plus de sang qui y circule. Le corps se dégrade ainsi rapidement. C’est ce qu’on appelle l’autolyse”, explique Grégory Schmit, médecin légiste à la clinique universitaire Saint-Luc. “Ensuite, d’autres phénomènes peuvent apparaître. En Belgique, le plus fréquent, c’est la putréfaction du corps, qui va le faire gonfler et accélérer cette dégradation.
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Affaire Tyméo et Bryan Brigou : le GSM de Bryan a été retrouvé, les résultats des analyses toxicologiques sont connus Une reconnaissance physique est donc la plupart du temps impossible. C’est alors vers la médecine légale qu’il faut se tourner, où trois techniques peuvent être utilisées pour identifier un corps. La première consiste à examiner la dentition. Un odontologue médico-légal, un dentiste spécialisé qui applique ses connaissances dentaires aux questions juridiques, peut analyser les dents du défunt et les comparer avec son dossier dentaire. Les ADN ont parlé Les empreintes digitales constituent également un moyen rapide d’identifier une personne décédée. Mais, en Belgique, elles ne sont généralement relevées qu’à partir de 12 ans.
Impossible donc d’utiliser cette méthode dans le cas de Tyméo Brigou, retrouvé mort à Onhaye le 24 août dernier. C’est finalement la dernière option qui a permis l’identification des deux corps, à savoir l’ADN. “Si des personnes ont déjà été condamnées, on peut avoir leur ADN qui est parfois fiché “, explique Grégory Schmit.
Pour certaines infractions graves, comme le viol ou encore l’association de malfaiteurs, une personne condamnée sera en effet convoquée par la police pour un prélèvement d’ADN. Affaire Brigou: “La présence de drogue chez Bryan n’est pas vraiment un scoop”, dit l’avocat de la maman de Tyméo Pour l’affaire Brigou, les identités des deux victimes étaient déjà présumées: “Les médecins ont pu comparer l’ADN avec celui des parents ou des proches”, poursuit l’expert. Cette technique repose sur le principe de l’héritage génétique à 50%. Un mécanisme qui garantit à chaque individu d’hériter de la moitié de son ADN de son père et de l’autre moitié de sa mère.
Drogue: les cheveux témoignent Le parquet fait également état de traces de consommation de drogue dans le corps de Bryan. Si, chez une personne vivante, les drogues restent présentes dans le sang pendant quelques heures, celui-ci se dégrade rapidement après le décès. Il faut généralement compter entre 48 et 72 heures pour que le sang s’hémolyse (se détruise). D’autres techniques sont donc nécessaires pour détecter d’éventuelles traces de stupéfiants. Le prélèvement de muscles peut notamment permettre d’effectuer des examens toxicologiques, mais c’est surtout l’analyse des cheveux qui est utilisée.
“C’est entre guillemets la bibliothèque des toxiques qu’on a consommés”, explique le médecin légiste. “Un centimètre de cheveux représente, plus ou moins, un mois de vie. Et donc, si on a des cheveux qui font une dizaine de centimètres, on sait dire tout ce que la personne a consommé sur les dix mois précédents “, conclut Grégory Schmit. Pour accéder à cet article, veuillez vous connecter au réseau internet.