Recruté 77 millions d’euros par Al-Nassr en janvier 2025, l’attaquant colombien va être prêté au club lisboète, qui ne prendra en charge qu’une partie de son salaire. L’histoire d’une carrière à rattraper. Dix-huit mois. C’est le temps qu’il aura fallu pour qu’un transfert à 77 millions d’euros se transforme en dossier de sauvetage. Le football moderne va vite.
Parfois trop. Le prêt de la dernière chance
Le dossier est en passe d’être bouclé. Selon A Bola, Benfica est sur le point de finaliser l’arrivée de Jhon Durán sous la forme d’un prêt en provenance d’Al-Nassr. Le club saoudien prendra en charge une part importante du salaire de l’international colombien de 22 ans — condition sine qua non pour qu’une opération de ce type tienne debout côté portugais. Car soyons clairs : sans ce geste, aucun club européen n’aurait pu s’aligner.
Les émoluments consentis en Saudi Pro League ne se transposent pas sur les grilles du Benfica. Une trajectoire brisée net
Il faut se rappeler l’ampleur du pari initial. En janvier 2025, Al-Nassr avait déboursé 77 millions d’euros pour arracher l’attaquant à Aston Villa, où il s’était fait une réputation de buteur explosif, capable d’entrer en jeu et de renverser un match en dix minutes. À 21 ans, il incarnait la nouvelle vague colombienne. La suite fut nettement moins glorieuse. Perte de vitesse, rendement en berne, statut incertain. Le grand saut vers le Golfe, censé être une consécration financière, s’est mué en impasse sportive.
Le scénario n’est pas nouveau — d’autres avant lui s’y sont brûlé les ailes — mais rarement à un âge aussi précoce. Pourquoi Benfica a du sens
Le choix de Lisbonne n’a rien d’anodin. Benfica est probablement le meilleur laboratoire d’Europe pour relancer un attaquant : championnat exigeant mais permissif offensivement, Ligue des champions garantie ou presque, exposition médiatique maximale, et une direction qui a fait de la revalorisation d’actifs un art. Combien d’attaquants sont arrivés à l’Estádio da Luz avec une cote en berne et en sont repartis avec une valorisation multipliée par trois ? La liste est longue.
Durán rêve d’y figurer. Le vrai enjeu
Reste que le prêt ne réglera rien à lui seul. Il faudra des buts, vite, et une remise en question qui dépasse le simple aspect tactique.
À 22 ans, l’attaquant a encore tout le temps du monde — sur le papier. Dans les faits, une deuxième saison blanche le rangerait définitivement dans la catégorie des promesses non tenues. Une seconde chance, donc. Ou plutôt : la bonne, cette fois-ci.
Le vestiaire lisboète va en parler. Officialisation attendue dans les prochains jours.


