Alexander-Arnold : écarté du Mondial par Tuchel, il lui répond d’un centre décisif

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Oublié pour la Coupe du monde, longtemps relégué au second plan, Trent Alexander-Arnold a enfin eu sa chance avec Thomas Tuchel. Il ne lui aura fallu qu’une course pour la saisir. Soixante-quatre mètres. C’est la distance qu’a parcourue Trent Alexander-Arnold, balle récupérée, avant de déposer un centre du droit parfait pour Anthony Gordon, qui n’avait plus qu’à conclure.

Mardi soir à Prague, l’Angleterre s’est imposée 2-0 face à la Tchéquie en Ligue des Nations, et le défenseur du Real Madrid, titularisé pour la première fois par Thomas Tuchel, a signé le geste qui a débloqué la rencontre, rapporte Goal. Après le match, le joueur de 27 ans n’a pas caché son émotion au micro de la BBC. Il a évoqué une soirée incroyable et l’honneur de représenter son pays, avant de lâcher : « cela faisait longtemps, mais j’ai toujours cru que je pouvais jouer pour l’Angleterre ». Puis, plus directement, il a expliqué que le sélectionneur lui avait donné une chance et qu’il espérait maintenant l’avoir satisfait. Difficile de ne pas y lire un message. Car l’histoire entre les deux hommes est tout sauf simple.

L’été dernier, Tuchel avait purement et simplement écarté Alexander-Arnold de sa liste pour la Coupe du monde. Le technicien allemand avait pourtant essayé pas moins de huit options différentes au poste d’arrière droit. Huit. Mais pas lui. De quoi alimenter, pendant des mois, les débats outre-Manche sur ce qui ressemblait fort à une mise à l’écart.

Foot Mercato comptait d’ailleurs, à la veille du match, pas moins de 478 jours sans la moindre apparition avec les Three Lions. Et puis, coup de théâtre : rappel surprise, titularisation, passe décisive. Le scénario idéal. Le match, lui, n’avait pourtant rien d’une promenade. Certes, les Anglais ont évolué en supériorité numérique pendant plus d’une heure, après l’expulsion du Lyonnais Pavel Sulc pour un tacle dangereux sur Elliot Anderson. Mais face à un bloc tchèque bien organisé, ils ont longtemps tourné en rond. Il a fallu attendre deux minutes après la reprise pour voir la lumière, sur l’action du Madrilène justement.

Harry Kane s’est ensuite chargé de mettre les siens à l’abri. Rarement une simple passe décisive aura autant pesé dans une carrière internationale.

Celle-ci ne dit pas seulement qu’Alexander-Arnold a encore sa place au plus haut niveau (au Real Madrid, personne n’en doutait vraiment). Elle place surtout Tuchel face à ses propres choix. Continuer à se priver d’un tel profil devient désormais plus difficile à justifier, ou du moins plus difficile à expliquer aux supporters.

Le joueur, lui, a choisi la retenue. Pas de règlement de comptes, pas de pique. Juste une confiance qui, selon ses mots, n’a jamais disparu et qu’il fallait prouver en club.

Le message est poli. Il n’en est pas moins limpide. Prochain rendez-vous samedi, en Croatie, pour un match déjà décisif : les deux sélections comptent trois points dans ce groupe.

Tuchel reconduira-t-il son arrière droit ? La question est posée. Et cette fois, c’est Alexander-Arnold qui l’a posée.

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